CépiDc - CIM9 - MORTALITE PÉRINATALE

MORTALITE PÉRINATALE

Il est recommandé, dans la mesure du possible, d'adopter une formule particulière, pour le certificat de cause de décès périnatal, dans laquelle les causes seront précisées comme suit:

      (a) Principale maladie ou affection du fœtus ou de l'enfant
      (b) Autres maladies ou affections du fœtus ou de l'enfant
      (c) Principale maladie ou affection maternelle influant sur
          le fœtus ou l'enfant
      (d) Autres maladies ou affections maternelles influant sur
          le fœtus ou l'enfant
      (e) Autres circonstances pertinentes.

La formule devra comporter des renseignements permettant l'identification, avec dates et heures, la mention: enfant vivant ou mort-né, et les résultats éventuels ou l'absence d'autopsie.

L'analyse approfondie de la mortalité périnatale réclame des données supplémentaires concernant tant la mère que l'enfant, en plus des renseignements portant sur les causes du décès. On s'appliquera à recueillir, au minimum, les précisions suivantes, non seulement à propos des décès périnatals mais également à propos de toutes les naissances vivantes, afin de pouvoir disposer de dénominateurs permettant de calculer des taux de mortalité valables:

Mère
Date de naissance
Nombre de grossesses antérieures: enfants vivants/enfants mort-nés/ avortements
Issue de la grossesse précédente: enfant vivant/enfant mort-né/avortement et date
Histoire de la grossesse actuelle:
Premier jour des dernières règles (si cette date est inconnue, durée estimée de la grossesse en semaines entières)
Visites prénatales, deux examens ou plus: oui/non/ignoré
Accouchement : présentation normale et spontanée du sommet/autres présentations (à préciser).

Enfant
Poids à la naissance, en grammes
Sexe : garçon/fille/indéterminé
Un seul enfant/premier jumeau/deuxième jumeau/autres naissances multiples
En cas d'enfant mort-né, moment du décès: avant le travail/au cours du travail/inconnu

Le certificat de base peut également faire apparaître d'autres indications telles que certaines précisions concernant la formation de la personne appelée à donner ses soins au moment de la naissance: médecin/sage-femme qualifiée/autre personne qualifiée (préciser)/autre (préciser).

La méthode appliquée pour recueillir les données supplémentaires est variable selon l'organisation adoptée pour l'état civil dans chaque pays. Lorsqu'elles peuvent être rassemblées au moment de l'enregistrement de la mortinaissance ou du décès néonatal précoce, une formule analogue à celle du «certificat de cause de décès périnatal» représentée page 739 pourra être utilisée. Sinon, il faudra prendre des dispositions spéciales (par exemple en couplant l'enregistrement de la naissance et du décès) pour rassembler les renseignements supplémentaires et la cause du décès.

Lorsque les règles de l'état civil permettent difficilement de mettre en service un modèle de certificat de décès commun pour les enfants nés vivants et les mort-nés, la solution pourrait être l'utilisation de formules distinctes pour la mortinatalité et la mortalité néonatale précoce, chacune d'elles comportant le modèle recommandé pour les causes de décès.

Formulation des causes de décès

La formule de certificat proposé comporte 5 parties marquées de (a) à (e), destinées à recevoir l'indication des causes de décès périnatal. Inscrire dans les paragraphes (a) et (b) les maladies ou affections du nourrisson ou du fœtus, en faisant figurer seule la plus importante en (a), et le reste, éventuellement, en (b). Par «la plus importante», on entend l'affection qui, de l'avis du certificateur, a le plus contribué au décès; la cause directe de la mort, par exemple défaillance cardiaque, asphyxie, anoxie, ne doit pas figurer en (a), sauf si c'est le seul trouble connu chez le fœtus ou l'enfant en question. Cette remarque s'applique également à la prématurité.

cert

Dans les parties (c) et (d), mentionner l'ensemble des maladies ou affections maternelles qui, aux yeux du certificateur, ont eu un effet nocif sur le nourrisson ou le fœtus. Là encore, la plus importante doit être consignée en (c) et les autres, le cas échéant, en (d). La partie (e) est prévue pour signaler toute autre circonstance qui, selon le certificateur, a joué un rôle dans le décès, mais ne peut être qualifiée de maladie, ni d'affection de l'enfant, ni de la mère. Ce pourrait être par exemple le cas d'un accouchement sans aucune assistance.

Les exemples suivants illustreront la manière de formuler les causes de décès dans les cas décrits:

Exemple 1. La mère, dont les grossesses précédentes s'étaient terminées par des avortements à 12 et 18 semaines, a été admise pour déclenchement prématuré du travail alors qu'elle était enceinte de 24 semaines. Accouchement spontané d'un enfant de 700 grammes qui est décédé au cours du premier jour. Conclusion principale de l'autopsie: «immaturité pulmonaire».

Causes du décès périnatal:
      (a) Immaturité pulmonaire
      (b) -
      (c) Déclenchement prématuré du travail, cause inconnue
      (d) Avortements à répétition
      (e) -

Exemple 2. Primigeste de 26 ans. Antécédents: cycles menstruels réguliers. Surveillance prénatale classique depuis la dixième semaine de grossesse. Entre la trentième et la trente-deuxième semaine, on note cliniquement un retard du développement fœtal, confirmé à 34 semaines. Pas d'étiologie évidente; on note simplement l'existence d'une bactériurie asymptomatique. Accouchement par césarienne d'un garçon vivant pesant 1600 g. Placenta de 300 g, siège d'un infarcissement. Apparition d'un syndrome de détresse respiratoire qui répond au traitement. Mais l'enfant meurt subitement le troisième jour. L'autopsie révèle la présence d'abondantes membranes hyalines dans le poumon et une hémorragie intraventriculaire massive.

Causes du décès périnatal:
      (a) Hémorragie intraventriculaire
     (b) Syndrome de détresse respiratoire Retard du
          développement fœtal
      (c) Insuffisance placentaire
      (d) Bactériurie gravidique Opération césarienne
      (e) -

Exemple 3. Diabétique connue, difficilement équilibrée pendant sa première grossesse. Survenue d'une anémie mégaloblastique à 32 semaines. Déclenchement artificiel du travail à 38 semaines. Accouchement spontané d'un enfant de 3200 g. Une hypoglycémie s'installe chez lui, et il meurt le deuxième jour. L'autopsie montre l'existence d'un tronc artériel commun.

Causes du décès périnatal:
      (a) Tronc artériel commun
      (b) Hypoglycémie
      (c) Diabète
      (d) Anémie mégaloblastique
      (e) -

Exemple 4. Femme de 30 ans, mère d'un garçon de 4 ans en bonne santé. Grossesse actuelle normale à part l'existence d'un hydramnios. L'examen radiologique pratiqué à 36 semaines est en faveur de l'anencéphalie. Déclenchement artificiel du travail. Accouchement d'un anencéphale mort-né pesant 1500 g.

Causes du décès périnatal:
      (a) Anencéphalie
      (b) -
      (c) Hydramnios
      (d) -
      (e) -
Codage des causes de décès

Chaque affection notée en (a), (b), (c), (d) sera classée séparément. Les affections maternelles influant sur l'enfant ou le fœtus, inscrites en (c) et (d), seront classées aux rubriques 760-763, et les rubriques correspondantes ne seront pas utilisées pour (a) et (b). Les affections du fœtus ou de l'enfant, notées en (a) et (b) peuvent être classées avec toute rubrique autre que les numéros 760-763, mais elles seront le plus souvent classées sous les rubriques 764-779 (Affections périnatales) ou 740-759 (Anomalies congénitales). On n'inscrira qu'un seul numéro de code en (a) et (c), mais pour (b) et (d) on portera autant de numéros de codes qu'il y a d'affections signalées.

La rubrique (e) est moins destinée à l'analyse statistique qu'à l'étude de chaque décès périnatal et normalement ne demandera donc pas à être codée. Si, toutefois, un essai d'analyse statistique des circonstances inscrites en (e) est désiré, quelques rubriques appropriées existent dans les codes E et V; lorsque ce n'est pas le cas, les utilisateurs établiront leur propre système de classement pour ce renseignement.

Les règles de classement relatives à la mortalité générale ne s'appliquent pas aux certificats de décès périnatal. Il peut toutefois arriver que les causes de décès n'aient pas été portées conformément aux directives indiquées page 738. Les cas de ce genre devraient, chaque fois qu'il est possible, être renvoyés au certificateur pour qu'il apporte les corrections nécessaires, mais, lorsque cela n'est pas possible, on appliquera les règles suivantes.

Règle P1 Cause immédiate du décès ou prématurité notée à la rubrique (a).
Lorsqu'une insuffisance cardiaque, une asphyxie ou une anoxie (tous états classés à 768), ou la prématurité (tous états classés à 765) est portée en (a), et que d'autres affections de l'enfant ou du fœtus sont notées soit en (a) soit en (b), classer la première de ces autres affections comme si elle avait été notée seule en (a) et coder l'affection réellement inscrite en (a) comme si elle avait été portée en (b).

tableau1

La prématurité est codée comme si elle était en (b), le spina bifida est codé comme s'il était en (a).

tableau2

L'asphyxie est codée comme si elle était en (b), l'hydrocéphalie est codée comme si elle était en (a).

Règle P2. Indication de Plusieurs affections dans les rubriques (a) ou (c).
Lorsque deux affections ou davantage sont portées en (a) ou en (c), classer la première des deux comme si elle avait été portée seule en (a) ou en (c), et les autres comme si elles étaient inscrites en (b) ou en (d).

tableau3

Codage: (a) poids léger pour l'âge gestationnel avec malnutrition, (b) anoxie antepartum, (c) toxémie, (d) placenta praevia.

tableau4

L'hémorragie sous-durale est codée en (a) et les autres affections portées en(a) sont codées en(b).

Règle P3. Absence de mentions dans les parties (a) ou (c). Lorsqu'aucune mention n'est inscrite en (a), mais que certaines affections de l'enfant ou du fœtus sont portées en (b), classer la première de celles-ci comme si elle avait été portée en (a); lorsque ni (a) ni (b) ne comportent de mention, utiliser 779.9 (Causes périnatales non précisées) pour la partie (a).

De même, si la partie (c) ne comporte aucune mention mais que certaines affections maternelles sont portées en (d), classer la première de celles-ci comme si elle avait été portée en (c); lorsque ni (c) ni (d) ne comportent de mention, recourir à quelque notation arbitraire (par exemple xxxx) pour (c) afin d'indiquer qu'aucune affection maternelle n'a été signalée.

tableau5

La déchirure tentorielle est codée en (a), et le code arbitraire xxx.x est porté sur (c).

tableau6

Codage de cause périnatale non précisée en (a) et d'éclampsie en (c).

Règle P4. Affections portées sur une partie erronée du certificat. Lorsque des affections maternelles (classées à 760-763) sont portées sur les parties (a) ou (b) et des affections du nourrisson ou du fœtus sont portées sur les parties (c) ou (d), coder les affections comme si elles avaient été portées sur la partie correcte.

Lorsqu'une affection, qui est une maladie du nourrisson, ou du fœtus, ou de la mère, est portée par erreur sur la partie (e), la coder comme une affection additionnelle en (a), ou en (b), selon le cas.

tableau7

La position occipito-postérieure persistante est codée en (a), et la dystocie avec accouchement par forceps est codée en (d).

Règle P5. Complications obstétricales indiquées comme causes de décès avant le début du travail. S'il est précisé, dans le certificat, que le foetus est mort avant le début du travail, et que des complications obstétricales, ne pouvant pas agir sur l'issue fatale de la naissance, sont signalées comme causes du décès, il faudra les ignorer.

tableau8

Puisque le foetus est mort avant le début du travail, on ne codera pas l'accouchement de présentation du siège.