Ces travaux de préparation ont fait apparaître qu'il était impossible de mettre sur pied une classification unique répondant à tous les besoins dans le domaine des maladies et de la santé.

Une classification centrale

Pour répondre à ce problème, la CIM 10 se positionne comme une classification centrale à laquelle pourront se rattacher d'autres classifications complémentaires telles que la CIM O (CIM oncologie) pour les tumeurs ou la Classification Internationale des Handicaps. Dans le cadre de ce concept de famille de classifications, la CIM 10 continueà couvrir les besoins statistiques traditionnels en matière de mortalité et de morbidité.

L'intitulé complet de cette version de la CIM : "Classification Statistique Internationale des Maladies et des Problèmes de Santé Connexes" traduit son extension au-delà du champ des maladies. A ce titre, la classification des causes extérieures de traumatismes et d'empoisonnement ainsi que celle des facteurs influant sur l'état de santé et des motifs de recours aux services de santé, qui faisaient l'objet de classifications supplémentaires dans la CIM 9, font maintenant partie intégrante de la CIM 10.

Possibilité de mise à jour

Un autre aspect important qui a présidé à la construction de la CIM 10 est la possibilité de mise à jour. La classification n'est plus considérée comme figée entre deux révisions mais susceptible de changements. Pour cela, la structure du code a été modifiée : il est composé d'une lettre et de trois chiffres. Par rapport à la CIM 9 dont le code composé de quatre chiffres peut diversifier 10 000 items, le code de la CIM 10 peut en distinguer 26 000. Ces possibilités ne sont pas exploitées dans l'immédiat, mais cela a permis de disposer d'un nombre important de valeurs de codes libres pour des extensions futures, sans que ces extensions viennent modifier la séquence des codes existants. Les valeurs de codes libres ont donc été réparties dans tous les chapitres, mais dans une moindre mesure dans les chapitres adoptant un classement par appareil moins susceptibles de changements. Le nombre de rubriques effectivement utilisées est d'environ 12 000 dans la CIM 10, contre 6000 dans la CIM 9.

Deux niveaux de classification

De même que la CIM 9, la CIM 10 offre deux niveaux de classification :

  • un premier niveau est constitué par les trois premiers caractères du code,
  • et un deuxième niveau par adjonction d'un quatrième caractère. Par exemple, le code E10 désigne un diabète insulino-dépendant et le code E10.0 un diabète insulino-dépendant avec coma.

La CIM 10 comporte 21 chapitres contre 17 dans la CIM 9. Outre les deux classifications supplémentaires mentionnées précédemment, deux chapitres sont apparus :

  • "Maladies de l'oeil et de ses annexes",
  • et "Maladies de l'oreille et de l'apophyse mastoïde".

Il s'agit en fait de l'éclatement du chapitre "Maladies du système nerveux et des organes des sens" de la CIM 9 devenu trop important. L'ordre et le contenu des chapitres sont en général conservés par rapport à la CIM 9, Les chapitres III et IV ont été remaniés : les troubles immunitaires, classés auparavant dans le chapitre "Maladies endocriniennes, nutrition, métabolisme" font maintenant partie du chapitre des "Maladies du sang et des organes hématopoïétiques". Malgré ces remaniements, le découpage en chapitres des deux classifications est similaire.

Notes en tête de chapitre

La pratique des "Notes" en tête de chaque chapitre ou pour certains codes, a été étendue par rapport à la CIM 9. En particulier les "Notes d'exclusion" signalent la hiérarchie des chapitres. Lorsqu'il existe une possibilité de classer une maladie de façon plus spécifique, une note d'exclusion dirige le codeur vers le chapitre prioritaire. Par exemple le chapitre des "Maladies endocriniennes, de la nutrition et des troubles immunitaires" exclut le cas où ces maladies surviennent au cours de la grossesse. Ceci permet d'imposer l'utilisation en priorité des chapitres "Grossesse, accouchement et suite de couches" ou "Affection dont l'origine se situe dans la période périnatale". Seules les notes d'utilisation générales sont placées dans les chapitres. Les notes spécifiques à la mortalité ou à la morbidité ont été placées avec les règles de codage de la mortalité ou de la morbidité.

Double classement de diagnostics

Le double classement de certains diagnostics selon la maladie initiale ou la localisation, commencé avec la CIM 9 (système dague/astérisque), est maintenu. Par exemple une toxoplasmose pulmonaire peut être codée B58.3 (toxoplasmose pulmonaire, code dague) au "Chapitre des maladies infectieuses et parasitaires" ou J17.3 (pneumonie lors d'une toxoplasmose, code astérisque) au chapitre "Maladies du système respiratoire". Ce système n'est pas généralisé dans la CIM 10 car cela aurait donné lieu à une inflation de la classification. Les recommandations de la CIM 10 pour la double classification sont claires : lorsqu'il existe une possibilité de double classement, toujours classer au chapitre de la maladie initiale (code dague), et si nécessaire utiliser en plus le code relatif à la localisation (code astérisque). Il est aussi possible de préciser une classification complémentaire pour préciser le site.

Choix de la cause initiale

Dans le domaine de la mortalité, les règles de choix de la cause initiale ont été modifiées ainsi que les notes de codage. Les règles de choix de la cause initiale permettent au codeur de sélectionner une cause de décès parmi les affections mentionnées sur le certificat. La CIM 10 comporte 10 règles contre 13 dans la CIM 9 : deux règles ont été fusionnées et deux autres supprimées. De plus certaines règles difficiles ont été clarifiées (règle 1 et 3 en particulier). Les conditions d'utilisation de la règle 3, qui permet dans certains cas de choisir une autre cause initiale que celle mentionnée par le médecin certificateur, sont beaucoup plus précises dans la CIM 10.

Consulter la CIM 10.